« Ça ira mieux ce week-end. »
« Encore quelques semaines et la période difficile sera passée. »
« Tout le monde est fatigué en ce moment. »
Lorsque les journées s’enchaînent à un rythme soutenu, il est facile de banaliser certains signaux. On dort moins bien, on devient plus irritable, on a plus de mal à se concentrer… mais on continue.
Souvent parce que l’on pense pouvoir tenir encore un peu.
Pourtant, l’épuisement ne survient pas toujours brutalement. Il peut être précédé de changements physiques, émotionnels, cognitifs ou comportementaux que l’on attribue au manque de sommeil, à une période chargée ou simplement au stress.
Fatigue importante, difficultés de concentration, troubles du sommeil, irritabilité ou nervosité font notamment partie des manifestations pouvant accompagner les risques psychosociaux et l’épuisement professionnel.
Repérer ces changements ne permet pas de poser soi-même un diagnostic de burn-out. Mais cela peut permettre de s’interroger plus tôt sur son rythme de vie et de travail et de ne pas attendre d’être totalement à bout pour réagir.
Quels signes d’épuisement doivent vraiment alerter ?
Voici 10 signes d’épuisement qui méritent votre attention.
1. Vous êtes fatigué(e) presque tout le temps
Il y a la fatigue après une mauvaise nuit, une semaine chargée ou une période particulièrement intense.
Et puis il y a cette autre fatigue.
Celle qui est déjà présente au réveil.
Vous avez dormi, mais vous ne vous sentez pas reposé(e). Vous attendez le week-end pour récupérer… et le lundi matin, votre niveau d’énergie est déjà très bas.
Une fatigue qui persiste malgré le sommeil et le repos n’est pas à banaliser. L’Assurance Maladie rappelle qu’une fatigue devient anormale lorsqu’elle perdure malgré ces périodes de récupération.
La question à vous poser :
Est-ce que le repos me permet encore réellement de récupérer ?
Si la réponse est de moins en moins souvent oui, il est peut-être temps de ralentir.
2. Vous avez de plus en plus de mal à vous concentrer
Vous ouvrez un mail et devez le relire trois fois.
Vous entrez dans une pièce sans vous souvenir de ce que vous veniez y chercher.
Vous commencez plusieurs tâches sans parvenir à les terminer.
Une décision auparavant simple vous demande maintenant un effort disproportionné.
Les troubles de la concentration et les difficultés cognitives peuvent faire partie des manifestations associées au stress chronique et à l’épuisement professionnel.
Lorsque notre charge mentale devient trop importante, continuer à demander toujours davantage à notre cerveau n’est pas forcément la solution.
Un cerveau qui ralentit n’est pas nécessairement un cerveau qui manque de volonté.
Il peut aussi être un cerveau qui manque de récupération.
3. Votre sommeil se dégrade
Vous êtes épuisé(e), mais au moment de vous coucher, votre cerveau refuse de s’arrêter.
Vous repensez aux dossiers en cours.
Vous anticipez la journée du lendemain.
Vous vous réveillez au milieu de la nuit avec une liste mentale de choses à faire.
Ou, à l’inverse, vous dormez davantage mais avez toujours l’impression de manquer d’énergie.
Les troubles du sommeil figurent parmi les manifestations fréquemment observées dans les situations de stress chronique et d’épuisement professionnel. Le stress et l’anxiété peuvent également perturber l’endormissement et la qualité du sommeil.
Le sommeil constitue donc un signal particulièrement intéressant à observer.
Votre sommeil a-t-il changé depuis quelques semaines ou quelques mois ?
4. Vous devenez plus irritable
Une remarque anodine vous agace.
Un imprévu vous met hors de vous.
Le bruit vous dérange davantage.
Vous vous surprenez à répondre sèchement à des personnes que vous appréciez.
Ou vous avez simplement l’impression de ne plus supporter grand-chose.
L’irritabilité et la nervosité font partie des symptômes pouvant être associés aux risques psychosociaux et à un état de stress prolongé.
Ce changement est parfois plus facilement observé par l’entourage que par la personne elle-même.
Si plusieurs proches vous disent :
« Tu n’es plus comme avant »,
cela mérite peut-être d’être entendu.
5. Vous avez perdu l’envie de choses qui vous faisaient du bien
Un dîner avec des amis ?
Trop fatigant.
Une promenade ?
Pas aujourd’hui.
Votre activité préférée ?
Vous n’en avez plus vraiment envie.
Lorsque l’on commence à manquer de ressources, même les activités agréables peuvent être ressenties comme une sollicitation supplémentaire.
On commence alors à supprimer précisément les moments qui nous permettaient auparavant de récupérer.
Petit à petit, la vie peut se réduire aux obligations :
travailler, gérer, organiser, assurer.
Et recommencer le lendemain.
Ce repli et ces changements dans les relations ou les comportements peuvent faire partie des manifestations observées dans l’épuisement professionnel.
6. Vous n’arrivez plus à décrocher mentalement
Votre journée de travail est terminée.
Mais dans votre tête, elle continue.
Sous la douche, vous pensez au dossier de demain.
Pendant le dîner, vous repensez à la réunion de l’après-midi.
Au moment de vous coucher, vous préparez mentalement votre liste de tâches.
Même pendant les vacances, il vous faut plusieurs jours avant de commencer à vous détendre.
Cette incapacité à créer une vraie séparation entre les périodes d’effort et les périodes de récupération peut être un signal important.
Car se reposer physiquement tout en restant mentalement en état d’alerte n’est pas tout à fait se reposer.
7. Vous avez l’impression de ne jamais en faire assez
La journée est terminée mais, au lieu de regarder ce que vous avez accompli, vous pensez immédiatement à tout ce que vous n’avez pas fait.
Votre liste de tâches s’allonge.
Vous essayez alors de gagner du temps :
vous raccourcissez la pause déjeuner,
vous répondez aux mails le soir,
vous travaillez le week-end,
vous supprimez une activité personnelle.
Pour essayer de retrouver le contrôle, vous faites encore plus.
Mais si la surcharge est déjà importante, augmenter encore l’effort peut entretenir le problème.
C’est un paradoxe fréquent de l’épuisement : continuer à accélérer précisément au moment où il faudrait commencer à ralentir.
8. Votre corps vous envoie de plus en plus de signaux
Maux de tête.
Tensions dans la nuque ou le dos.
Troubles digestifs.
Palpitations.
Douleurs diffuses.
Sensation d’être constamment tendu(e).
Ces symptômes peuvent avoir de très nombreuses causes et ne signifient pas à eux seuls que vous êtes en burn-out.
Ils ne doivent cependant pas être ignorés lorsqu’ils apparaissent ou deviennent récurrents dans un contexte de stress important. L’INRS mentionne notamment douleurs, tensions musculaires, troubles du sommeil et autres manifestations physiques parmi les effets possibles du stress chronique.
C’est aussi une raison supplémentaire pour en parler à un professionnel de santé plutôt que d’attribuer systématiquement ces symptômes au stress.
9. Votre rapport au travail est en train de changer
Vous étiez impliqué(e).
Aujourd’hui, vous avez de plus en plus envie qu’on vous laisse tranquille.
Vous vous surprenez à devenir cynique, détaché(e) ou indifférent(e).
Vous avez parfois le sentiment que tous vos efforts ne servent plus à rien.
Cette évolution est particulièrement importante lorsqu’on parle de burn-out professionnel.
L’Organisation mondiale de la santé caractérise le burn-out autour de trois dimensions : l’épuisement, une distance mentale croissante ou des sentiments négatifs vis-à-vis du travail et une diminution du sentiment d’efficacité professionnelle.
Lorsque votre relation à votre travail change profondément, il est donc utile de vous demander ce qui s’est passé.
Depuis quand est-ce différent ?
Et surtout :
qu’est-ce qui, dans votre environnement ou votre organisation, vous épuise aujourd’hui ?
10. Vous vous dites constamment : « Je dois juste tenir encore un peu »
C’est peut-être le signal le plus discret.
Parce qu’en apparence, vous continuez à fonctionner.
Vous allez travailler.
Vous gérez la maison.
Vous répondez aux demandes.
Vous remplissez vos obligations.
Mais vous avez commencé à penser votre quotidien uniquement en termes de résistance :
tenir jusqu’au week-end,
tenir jusqu’aux vacances,
tenir jusqu’à la fin de ce projet,
tenir jusqu’à ce que les enfants soient plus autonomes,
tenir jusqu’à ce que cette période passe…
Puis l’échéance arrive.
Et une nouvelle raison de tenir apparaît.
Lorsque « tenir » remplace durablement « vivre », la question n’est peut-être plus de savoir combien de temps vous pouvez continuer ainsi.
Mais ce qui doit changer pour que vous n’ayez plus à fonctionner de cette façon.
Vous reconnaissez plusieurs de ces signes : que faire ?
Il n’existe pas un nombre précis de signes à partir duquel on pourrait conclure :
« J’ai un burn-out. »
Le burn-out ne se diagnostique pas à partir d’une checklist trouvée sur Internet. La Haute Autorité de Santé souligne que son repérage repose notamment sur un ensemble de manifestations et sur l’analyse des conditions de travail, tout en recherchant d’autres troubles pouvant expliquer les symptômes.
En revanche, si plusieurs de ces changements sont nouveaux, durent, s’intensifient ou commencent à avoir des conséquences importantes sur votre quotidien, n’attendez pas nécessairement d’être à bout pour agir.
La première étape peut être très simple :
en parler.
À votre médecin, à un professionnel de santé, à une personne de confiance ou, dans le cadre professionnel, aux interlocuteurs compétents.
Si une fatigue devient profonde, persiste ou s’accompagne d’autres symptômes, l’Assurance Maladie recommande une consultation afin d’en rechercher la cause.
Lever le pied ne signifie pas forcément tout arrêter
Lorsque l’on commence à prendre conscience de son épuisement, une idée revient souvent :
« Je ne peux pas m’arrêter. »
Parce qu’il y a le travail.
La famille.
Les responsabilités.
Les engagements.
Mais ralentir ne commence pas nécessairement par tout bouleverser du jour au lendemain.
Cela peut commencer par :
réintroduire de véritables temps de récupération,
protéger son sommeil,
demander de l’aide,
réinterroger certaines priorités,
retrouver une activité physique douce,
sortir temporairement de son environnement habituel,
ou simplement reconnaître :
« Ce rythme-là n’est plus soutenable pour moi. »
Cette prise de conscience est déjà une étape.
Parfois, changer d’environnement permet simplement de souffler
Lorsque l’on reste immergé dans le même rythme, les mêmes obligations et les mêmes sollicitations, prendre du recul peut être difficile.
C’est l’une des raisons pour lesquelles certaines personnes ressentent le besoin de s’éloigner quelques jours de leur quotidien.
Non pas pour « guérir » en quelques jours.
Mais pour retrouver de l’espace.
Dormir.
Marcher.
Manger à heures régulières.
Être accompagné(e).
Se remettre à écouter son corps.
Réfléchir à ce qui épuise et à ce qui pourrait être différent.
Et parfois simplement ne plus avoir à gérer pendant quelques jours.
À La Maison d’Elrond, s’autoriser une vraie pause
À La Maison d’Elrond, à Montbazon près de Tours, nous accueillons des personnes qui ressentent le besoin de ralentir, de retrouver des ressources et de prendre du recul sur un quotidien devenu trop exigeant.
Nos séjours de ressourcement de 3 ou 5 jours sont conçus comme des parenthèses en petit groupe, associant repos, activités douces, mouvement, alimentation, échanges et temps pour soi.
Ils peuvent s’inscrire dans une démarche de prévention de l’épuisement ou accompagner une période de récupération, en complément du parcours de santé lorsqu’un suivi est nécessaire.
La Maison d’Elrond est un lieu de ressourcement non médicalisé. Les séjours proposés ne remplacent pas un diagnostic, un traitement ou un suivi médical, psychologique ou psychiatrique.